Eat me, drink me. Food is luxe.

C’est étonnant comment les chefs étoilés sont devenus des stars. En quelques décennies ces besogneux grincheux, généraux de brigade, couteaux aux dents sont arrivés au devant de la scène. L’international Ducasse, les trois Troisgros, l’unique Loiseau… des généraux stars. Des divos, aux plats divins.

Mais voilà. Le certificat de luxe que l’on accorde à la gastronomie française ne dépasse pas les cuisines étoilées. Le luxe, qui induit temps, talent et prodigalité financière, n’a pas lieu d’être sur la table du quotidien. C’est une étrange chose que de dîner ou déjeuner dans un palace pour, ensuite, négliger son quotidien.

L’alimentation est au cœur du bien-être. Le luxe devrait aussi avoir sa place dans nos communs. Équipement comme matières premières. Ceux qui choisissent de ne se nourrir que d’aliments frais, sans traitement, forcément bio mais aussi de qualité; voilà les nouveaux dandys de la cuisine. Des renégats. Des résistants contre ces cultures où la table est un expédient : l’américain pressé assimilant liberté à la junk food, le chinois qui se restaure à n’importe quelle heure, de n’importe quoi.

Prendre le temps de s’attabler, de préparer un plat en respectant ses dimensions gustatives, culturelles, esthétiques et diététiques. Prendre son temps… voici un luxe pour partie accessible. D’aucun pourraient crier aux propos réactionnaires, rétrogrades, aristocratiques. La mode est à l’ancien régime ? Le luxe est intemporel, un sacerdoce supporté par l’humanité depuis qu’elle s’est offerte le loisir de descendre de l’arbre pour améliorer son pain quotidien.

A lire le très frais Eaters Manifesto de Michael Pollan, et les écrits de Grimaud de Reynière, créateur de la notion de « Critique gastronomique ».

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